Concert de Noël : Le bœuf sur le toit et autres fantaisies françaises

Le Bœuf sur le toit… tout un programme qui a amené le Golfeur Mélomane en l’Eglise Sainte Croix à Bayonne. Celle-ci est une église moderne dont l’intérieur quasiment circulaire permet d’installer l’orchestre et les auditeurs dans des conditions acoustiques raisonnables, sans réverbération désagréable, et par là-même facilite l’audition de tous les instruments !

Le programme de musique française de la première moitié du XXème siècle a permis de redécouvrir, et en ce qui me concerne, de découvrir des œuvres riches et injustement négligées sous la direction ferme et précise du chef Arnaud Bonnetot, passionné par les couleurs des pièces musicales. J’avais profité auparavant du très intéressant avant-concert qui m’a permis de bien mieux être préparé. C’est, je crois bien, la première fois que j’évoque ici ces avant-concerts, dont la retransmission sur le site internet de l’Orchestre les rend facilement accessibles. Mme Charles accueille ses invités avec compétence, courtoisie et érudition… un élément important de la vie de l’Orchestre du Pays-Basque- Iparraldeko orkestra et une initiative que je ne saurais trop vous recommander ! Et puis, maintenant je connais l’origine de l’expression « Faire un Bœuf »… vous aussi si vous visitez Les avant-concerts – Conservatoire du Pays Basque – Maurice Ravel & Orchestre Symphonique du Pays Basque

Darius Milhaud, provençal puis parisien déjà connu devint secrétaire de Gide, ministre plénipotentiaire à Rio de Janeiro. Plusieurs œuvres à l’inspiration musicale brésilienne en sont issues, dont le célère Bœuf sur le toit, titre d’une chanson brésilienne…. La richesse de l’orchestration, pourtant pour un ensemble à effectif réduit, le retour régulier d’un refrain entraînant entre les nombreux couplets, la fantaisie de l’écriture et l’excellence technique de l’exécution ont entraîné les musiciens et les auditeurs dans une soirée festive, chaudement appréciée du public !

Une autre fantaisie suivait : la transcription par André Caplet de la célèbre suite pour piano de Debussy : Children’s corner, transcription d’ailleurs créée en public par Debussy lui-même en 1911. L’univers poétique de cette transcription a été parfaitement servi hier soir avec finesse et virtuosité, les clarinettes étaient particulièrement sollicitées et applaudies mais tout l’ensemble a été d’un excellent niveau… et il est sans doute injuste de ne pas citer les autres instrumentistes !

La découverte de la soirée était la Sinfonietta en 4 mouvements de Francis Poulenc qui est sa seule symphonie, et qui est bien peu souvent jouée… Et pourtant quelle belle construction avec, là-aussi, une distribution des rôles à chacun des pupitres depuis les timbales inaugurales jusqu’à la conclusion exubérante ! On pourrait sans doute évoquer un Haydn du 20ème siècle ou bien la Symphonie classique de Prokofiev. Une très belle demi-heure de musique contrastée, souvent joyeuse, parfois mélodique, souvent virtuose. Et toujours un orchestre impeccable et inspiré mené par un violon solo hors pair ! Merci au chef d’avoir construit tout cela de façon complètement convaincante.

Et puis, pourquoi pas, un petit bis ? Un petit Ravel peut-être ? Mais existe-t-il « un petit Ravel « ? Et l’auditoire montra son bonheur d’avoir assisté là à un concert original, parfaitement réussi…

Deux concerts de musique française en suivant et un tel succès ? Bravo aux programmateurs et rendez-vous pour le Nouvel An… avant de retrouver Poulenc avec l’Histoire de Babar…

(PS : le photos de cet article ont été prises lors du même concert à Saint-Palais, le 14 décembre).

Publications similaires