Offenbach, Chabrier et une girafe aux trois Concerts du Nouvel An, 10 et 11 janvier 2026

Toujours curieux, le Golfeur Mélomane espérait comprendre l’omniprésence d’une …. Girafe sur les affiches, les documents fournis par l’Orchestre du Pays Basque- Iparraldeko orkestra. Serions-nous entrés dans un nouvel an  zodiacal chinois ? 2026 est l’Année du Cheval de Feu Rouge, et bien que ne percevant pas toutes les nuances de couleur… je crois bien que ladite Girafe n’était pas rouge… En fait c’est le nouveau Chef de notre orchestre bien-aimé, Benjamin Lévy qui m’a fait émettre une hypothèse ! En effet, le maestro, au-delà de sa performance brillantissime pour ces concerts du Nouvel An, est un conteur et présentateur de premier calibre. Très vite tout le monde a compris que nous entrions en Iparralde dans une nouvelle ère avec Benjamin Lévy : celle de l’excellence musicale, et celle de l’art d’être proche des musiciens et du public, sans compter les projets qui vont dynamiser toute la Communauté d’Agglomération du Pays Basque…Nos étrennes 2026 vont durer longtemps !

Mais… et la Girafe ? J’ose émettre une hypothèse un peu loufoque : ce bel animal a été peut-être au programme musical dans un rapport analogue à celui qu’ont entretenu Offenbach et ses librettistes Meilhac et Halévy avec les mythes antiques…. En effet lors de la présentation d’avant-concert avec Madame Charles et tout au long du concert lui-même nous avons compris que, finalement les mythes anciens tels que nous les connaissions et les opérettes de Offenbach n’avaient pas beaucoup à voir… Par exemple dans Orphée aux Enfers, la pauvre Euridyce, normalement vouée aux Enfers est « récupérée » in extremis par Zeus qui n’a de cesse de la séduire sous forme d’une mouche dans un duo excellement interprété par Héloïse Poulet, soprano lyrique et Philippe Tabot, ténor. Nous voici bien loin du Mythe rapporté par Ovide dans ses… Métamorphoses (un recueil bien nommé ?).  Et, grâce aux explications données par Benjamin Lévy, de façon tout à fait pertinente et amusante, nous voyons bien que la satire d’Offenbach et de ses librettistes était présente partout… même sur la bien connue frontière-même qui sépare l’Espagne et l’Italie, frontière qui existait bien dans les Brigands mais qui a disparu depuis, les glissements de plaques tectoniques sans doute… Tiens, « les Brigands » ont fourni l’occasion aux magnifiques des chanteurs à la fois comédiens et virtuoses deux très amusants trios, tout d’abord « le couplet des espagnols » qui souligne avec impertinence ou pertinence ( ?)  qu’il « y a des gens qui se prétendent Espagnols mais qui ne le sont pas » puis le « trio des marmitons » qui a bien démontré que cette frontière entre l’Espagne et l’Italie était bien mal famée !

Loufoque mon hypothèse sur la Girafe ? Certes mais pas plus que la conversion de la pieuse et chaste Geneviève de Brabant dont l’époux valeureux est parti aux Croisades en une nymphomane affublée d’un mari impuissant mais très sensible aux surdoses de pâté aphrodisiaque, ce qui a permis à nos trois chanteur un trio désopilant avec en vedette le superbe baryton Christophe Gay avant de partir en train pour le Moyen-Orient, dont l’arrêt final était à Asnières… !

Programmation loufoque certes pour la majeure partie des pièces mais aussi passionnée et poétique avec deux pièces de Chabrier avec une magnifique interprétation de l’Île Heureuse transcrite ici pour grand orchestre et baryton… ou avec la « Danse des Flocons de Neige » extraite du  Voyage sur la Lune  – toujours Offenbach… et donc toujours une vision particulière de la climatologie lunaire.…

Et tout est bien qui finit bien avec la valse extraite d’ Orphée aux Enfers, « Pour attirer au fond de sa retraite » dont les contretemps sont laissés à la libre participation du public avec des bruits… de baisers !

Une Girafe oui ! sans aucun rapport immédiat avec un programme loufoque dans les arguments mais avec une musique finement écrite oui, encore ! Et une promesse d’excellents moments dans les années à venir , trois fois oui ! avec un Orchestre du Pays-Basque -Iparraldeko Orkestra (OPB-IO ai-je vu quelque part….) dopé par la venue tant attendue de Benjamin Lévy qui, en plus de ses qualités artistiques, a un sens du « teasing »…  il semblerait que le bis soit une indication d’un concert du Nouvel An 2027 latino-américain !

Bona annado, urte berri on et Bonne Année !

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