La Fabrique de l’orchestre

Serait-ce une nouvelle activité pour la bonne ville de Cambo ? Fabriquer des pièces pour orchestre (en collaboration avec Baigorri) ? En tout cas le Golfeur Mélomane s’est rendu Eglise Saint Laurent pour la « Fabrique de l’Orchestre » une nouvelle série conçue par notre nouveau chef, Benjamin Lévy. Devant une église archi-comble et après un rappel des consignes de sécurité… cette après-midi a pu commencer.

L’orchestre était en place le Chef avait réfléchi sans aucun doute longuement à ce qu’il pourrait bien dire au sujet de cette symphonie archi-connue…. Et d’emblée le public à compris qu’il allait découvrir des « secrets » de fabrique de ce cher Beethoven, retrouvés par Benjamin Lévy. Le même public a aussi, découvert qu’il ne s’agissait pas, pour diriger et exécuter une œuvre musicale, d’ouvrir la partition et de jouer ou faire jouer les notes écrites ! La structure de l’œuvre elle-même est complexe, sans que cela ne soit facile à percevoir… sauf si on peut disposer d’un guide comme Benjamin Lévy. Le Chef, transformé en un érudit analyste, toujours compréhensible, a éclairé d’exemples joués par l’orchestre les rapports structuraux internes à l’œuvre, autour d’une obsession quasi névrotique du compositeur pour les fameux accords du début… Ce rythme, qui transposé en morse donne la lettre V, comme dans Victoire et qui fut utilisé par la BBC…. Mais aussi qui se retrouve dans la musique populaire sous une forme plus ou moins cachée.

Pour autant la conférence illustrée ne s’est pas limitée, loin de là, à ce trouble obsessionnel du compositeur ! Nous avons été gratifiés d’exemples stylistiques : par exemple comment ce qu’a écrit Beethoven aurait-il pu « sonner » si cela avait été Haydn qui en avait été le compositeur ? et qu’en est-il des timbres choisis ? sans aucune douleur pour les auditeurs nous avons pu entendre un extrait de la « mélodie de timbres » que Webern a construite autour d’un extrait de l’Offrande Musicale de Bach… et comprendre comment Beethoven lui-même, était soucieux des timbres confiés aux instruments… Les exemples fourmillent… nous n’avons pas vu passer les 50 minutes de dialogue entre le chef et l’Histoire de la Musique, ou avec l’analyse de cette fameuse » 5ème » que nous croyions bien  connaître….

Quel talent de faire une telle analyse pour un public, certes pour beaucoup averti, mais aussi pour des jeunes enfants, (pour qui c’était peut-être un tout petit peu long mais qui semblaient ravis…).  Espérons qu’il y aura vraiment une série de la « Fabrique de l’Orchestre », dès que ce sera possible et qu’elle touchera tout l’Iparralde comme c’était déjà le cas le week-end dernier mais aussi le élèves des Ecoles de Musique ou du Conservatoire Maurice Ravel.

Ha ! oui ! il y avait, ensuite le concert lui-même… sans quasiment respirer après cette passionnante première partie. Si j’osais faire une suggestion : quelques minutes pour souffler ou échanger avec les voisins ne seraient pas malvenues. Donc, un faux départ plus tard, la symphonie, tout éclairée par la première partie, a été interprétée avec fougue, précision, délicatesse au plus grand plaisir du public et, à ce qu’il m’a semblé, des instrumentistes aussi !

Prochains rendez-vous, avec un programme très original autour des « Tangos d’exil » à Louhossoa, Donibane Lohizune et Donapaleu. Tiens, encore dans tout Iparralde….

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